Il entre sur le terrain sans projeter d'ombre imposante. Comparée à nombre d'attaquants actuels, la stature de Mohamed Salah (1.75 m) paraît presque modeste. Pourtant, la taille est rarement un gage de talent. Salah n'impose ni sa domination physique ni des têtes spectaculaires à l'Égypte ou à Liverpool. Tout repose sur le timing, les déplacements et une intelligence de jeu hors pair.

Dès son arrivée à Liverpool en 2017, Salah a bouleversé les attentes, non seulement quant à ce qu'un joueur de sa taille pouvait accomplir, mais aussi quant à la manière dont il l'a fait. Il n'a eu besoin d'aucun temps d'adaptation. Avec des statistiques record dès sa première saison, il a déferlé sur le football anglais comme une force tranquille. Si l'on a tendance à l'oublier aujourd'hui, son retour en Premier League après un passage décevant à Chelsea n'a pas fait l'unanimité. Ces doutes se sont rapidement dissipés.
Mohamed Salah – Principaux faits marquants de sa carrière et de sa vie personnelle
| Attribut | DÉTAILS |
|---|---|
| Nom complet | Mohamed Salah Hamed Mahrous Ghaly |
| Date de naissance ; | Le 15 juin 1992 |
| Lieu de naissance | Nagrig, Basyoun, Égypte |
| Hauteur | 1.75 mètre (5 pieds 9 pouces) |
| Poste | Ailier droit / Attaquant |
| Club actuel | Liverpool FC (# 11) |
| Équipe nationale | Égypte (Capitaine) |
| Principales réalisations | 4 fois Soulier d'or de Premier League, 3 fois Joueur de l'année PFA, plus de 200 buts avec Liverpool |
| Reconnaissance culturelle | Nommé parmi les 100 personnes les plus influentes du magazine TIME (2019) |
| Référence externe |
L'équilibre de Salah est un atout considérable. Grâce à son centre de gravité bas, il se faufile avec une précision quasi mathématique dans les espaces les plus restreints. Il est rarement déséquilibré et se glisse avec une aisance déconcertante, anticipant la pression et orientant son corps pour l'absorber. Pour les défenseurs, c'est un peu comme essayer de contenir de l'eau.
Ces dix dernières années, les exigences physiques requises pour les attaquants de haut niveau ont évolué, privilégiant la taille et la force. Cependant, Salah a créé un nouveau modèle qui met l'accent sur le contrôle, l'explosivité et l'endurance. Il semble rarement forcer. Chacun de ses gestes paraît mûrement réfléchi, et chaque touche de balle est d'une efficacité inattendue. Les résultats parlent d'eux-mêmes : un nombre record de buts pour un joueur étranger en Premier League, le Soulier d'Or de Premier League et une victoire en Ligue des Champions.
Salah est incroyablement résilient, en plus d'être prolifique. Il fait preuve d'une constance remarquable, tant dans son effort que dans ses performances, match après match et saison après saison. Il est toujours présent. Il est performant. Même si cela passe souvent inaperçu dans les médias, une telle fiabilité laisse une empreinte indélébile.
Il a été bien plus qu'un simple capitaine pour son pays. Il est devenu un symbole de solidarité. Son exploit a suscité bien plus que de l'admiration en Égypte. Lors de l'élection présidentielle de 2018, plus d'un million de bulletins ont été invalidés par des électeurs qui ont inscrit son nom à la place de celui de tout autre candidat. C'était bien plus qu'un simple match de football. C'était la confiance accordée à un homme qui incarnait la dignité et la fierté, sur le terrain comme en dehors.
Il mène une vie paisible, loin des démonstrations spectaculaires qui accompagnent souvent les athlètes de haut niveau. Salah semble avoir gardé les pieds sur terre malgré son mariage avec son amour d'enfance, son rôle de père de deux filles et son attachement aux plaisirs simples comme le koshari et les parties nocturnes de PlayStation. Je me souviens d'une interview où, avec un sourire en coin, il reconnaissait que son avatar dans FIFA était « probablement meilleur que le vrai ». Une telle humilité se fait de plus en plus rare.
Lors de la saison 2024-25, Salah a dépassé Robbie Fowler pour devenir le troisième meilleur buteur de l'histoire de Liverpool, derrière Ian Rush et Roger Hunt. Cet exploit est d'autant plus remarquable compte tenu de ses prétendues « limitations », surtout lorsqu'on les compare à un nouveau titre de champion et une saison record en termes de buts marqués. De toute évidence, il n'y en avait aucune.
Partout dans le monde, les fans connaissent sa célébration « sujud », qui consiste à se prosterner en signe de prière après un but. Ce n'est pas une démonstration de force. Au milieu du tumulte du stade, c'est un moment de recueillement, de foi et de gratitude. Salah a montré aux futurs sportifs qu'ils n'ont pas à dissimuler leur identité pour exceller au plus haut niveau, en restant fidèles à eux-mêmes.
Salah surpasse ses adversaires par son intelligence et sa vitesse, grâce à un timing parfait et une maîtrise absolue. Le match contre Tottenham reste gravé dans ma mémoire. En deux feintes et une frappe rapide au second poteau, il a éliminé trois défenseurs qui se rapprochaient soudainement. Avant même que quiconque puisse réaliser son geste, le ballon a frôlé le filet. Je me souviens avoir souri après avoir cligné des yeux. Il n'y avait pas eu de violence. C'était un geste d'une grande finesse.
Salah a su s'adapter aux évolutions du football professionnel grâce à des années de perfectionnement technique et d'adaptation stratégique. Malgré cela, son style de jeu, fondé sur la rapidité, l'anticipation et une précision chirurgicale, semble intemporel. L'énergie n'est jamais gaspillée. Chaque geste est calculé.
Son influence dépasse largement le cadre du sport. Salah a subtilement contribué à réduire les fossés culturels, notamment dans les régions où la représentation arabe et musulmane est historiquement faible. Pour les jeunes supporters issus de l'immigration en particulier, sa place au sein de l'une des équipes les plus emblématiques d'Angleterre a normalisé la notoriété et le respect, ce qui revêt une importance capitale.
