Ancillo Canepa parle en décennies, tandis que d'autres présidents de club s'expriment en chiffres. Il a bâti sa réputation à la tête du département d'audit d'Ernst & Young sur sa rigueur et sa fiabilité, des qualités qui ont été mises à l'épreuve à maintes reprises depuis que lui et son épouse, Heliane, sont devenus présidents du FC Zurich.

Canepa n'a pas hérité de privilèges. Discrètement et méthodiquement, il les a acquis dans le cadre rigoureux du conseil, puis dans la passion parfois exubérante du sport. Ce passage de la stratégie d'entreprise à la gestion d'une équipe de football est particulièrement instructif, car il démontre comment les compétences développées dans les conseils d'administration peuvent être appliquées à des problématiques très différentes.
Ancillo Canepa : Aperçu du profil
| Nom | Ancillo Canepa |
|---|---|
| Date de naissance | 5 mai 1953 |
| Nationalité | environnement |
| Profession | Directeur, ancien associé chez Ernst & Young |
| Poste | Président du FC Zurich (FCZ) |
| Valeur nette estimée | Environ 40 millions de CHF (auparavant 80 à 90 millions de CHF) |
| Rôles notables | Copropriétaire de FC Zürich AG, ancien commissaire aux comptes |
| Partenaire | Heliane Canepa, ancienne PDG de Nobel Biocare |
| Référence externe |
La décision du couple de devenir propriétaires d'un club de football n'était pas le fruit du hasard. C'était un engagement profond qui dépassait le simple cadre du terrain. Devenir propriétaire d'un club est un exercice d'équilibriste complexe qui mêle esprit communautaire, mobilisation du public et intérêts personnels. Et cet équilibre a été parfaitement maîtrisé ces dernières années.
Le FC Zurich a enregistré un déficit de 2 millions de francs suisses en 2017. La situation s'est répétée en 2018. Puis est arrivée la COVID-19, qui a considérablement aggravé les pertes du club, entraînant une chute drastique de la fréquentation. Auparavant, près de 200 000 supporters franchissaient les portes du stade ; or, durant la saison 2020-2021, fortement perturbée par la pandémie, ils n'ont été que 1 645. Faute de recettes de billetterie suffisantes, le club a dû faire face à l'augmentation de ses charges fixes et au paiement des salaires de près de 200 employés. Dans une démarche inhabituelle pour des personnes qui avaient toujours privilégié l'indépendance financière, les Canepas ont sollicité un prêt fédéral d'urgence lié à la COVID-19.
Il ne s'agissait pas de pertes ordinaires pour un club, pour le dire simplement. Sur le bilan de Canepa, c'étaient des pertes personnelles. Ils ont probablement accumulé des dettes de près de 10 millions sur une période de cinq ans. Malgré tout, ils ont persévéré.
Avant de se consacrer au football, Heliane a mené une carrière très active. En tant que PDG de Nobel Biocare, elle a attiré l'attention – et les financements. Si sa rémunération était conséquente, ce sont surtout ses actions – dont la valeur a fortement augmenté au fil du temps – qui ont fait toute la différence. Selon certaines sources, elle aurait ainsi empoché près de 70 millions de francs suisses, un résultat impressionnant qui témoigne de son goût du risque et de son sens des affaires.
À un moment donné, la fortune cumulée des Canepas avoisinait les 90 millions. Elle se situe aujourd'hui aux alentours de 40 millions. Si certains y voient une baisse, d'autres, notamment ceux qui connaissent bien les longs cycles d'investissement, y voient un signe de résilience. Après tout, rares sont les fortunes qui pourraient supporter une telle concentration sur un secteur aussi volatil que le sport.
Cependant, l'histoire prend une tournure particulièrement positive. Sous la direction de Canepa, le FC Zurich a fait bien plus que se maintenir : il a retrouvé son niveau de champion. La victoire apporte bien plus que de la simple fierté. Elle est vitale pour l'économie du football. Elle augmente les ventes de billets, attire les sponsors et permet de participer aux matchs de qualification, autant d'éléments qui peuvent considérablement accroître les revenus et souvent transformer la situation financière d'un club.
Ce championnat semblait arriver à point nommé. Après des années de défaites, cette victoire était comme une consécration financière. C'était un soulagement et une satisfaction immenses pour ce couple qui avait investi argent et réputation dans cette aventure.
Le soulagement manifeste de Canepa a été l'un des moments forts de la conférence de presse qui a suivi la victoire. Sincère, sans ostentation ni vantardise. « Ce n'est pas qu'une victoire », a-t-il déclaré. « C'est une bouée de sauvetage. » La portée émotionnelle de ses propos était palpable ; il parlait de la viabilité financière d'un club et d'une famille, et non d'un trophée.
Je me souviens avoir pensé à l'époque combien il aurait été simple d'abandonner et de passer le relais à quelqu'un de moins impliqué. Cependant, l'absence d'échappatoire est précisément ce qui rend cette situation unique. Seule une réorientation s'impose.
Les finances du FC Zürich AG sont restées largement opaques pour le grand public durant les années tumultueuses du club. Peu de gens connaissent précisément le fonctionnement des comptes de cette société opérationnelle. Cependant, l'implication personnelle des Canepa est manifeste pour quiconque s'y intéresse. Leur détention de la quasi-totalité des actions du club témoigne de leur engagement et de leur influence.
Il y a aussi une dimension communautaire, souvent négligée. Le FC Zurich est profondément ancré dans la ville et représente bien plus qu'une simple équipe sportive. Le retour en force de l'équipe sous la houlette de Canepa a insufflé un nouvel élan à la communauté et a ramené les supporters au stade avec un enthousiasme renouvelé. La fréquentation, qui était en baisse, a considérablement augmenté depuis que les supporters ont le sentiment de retrouver leur place et leur passion.
La méthode Canepa ne repose pas sur des solutions temporaires. Pas de transferts ostentatoires ni de stratégies à sensation. Leur approche s'appuie plutôt sur la patience, l'investissement stratégique et la conviction que la beauté du football réside non seulement dans son imprévisibilité, mais aussi dans son pouvoir de guérison.
La victoire revêt désormais une importance double, car elle est à la fois stratégique et symbolique. Les retombées financières liées au titre de champion sont particulièrement avantageuses pour la stabilité opérationnelle. Les partenariats sont précieux. Les ventes de produits dérivés sont en hausse. De plus, ces matchs de qualification pourraient générer un ou deux millions supplémentaires, constituant ainsi une réserve financière qui faisait cruellement défaut il y a encore quelques saisons.
Au lieu de réclamer des fleurs éphémères, cette reconstruction méticuleuse possède une qualité artistique comparable à celle d'un jardinier expérimenté taillant et soignant ses semis. C'est une approche qui privilégie la constance à la fluctuation et la croissance au spectacle.
La leçon principale à tirer de tout cela, et qui pourrait avoir des applications bien au-delà du football suisse, est que l'investissement ne se résume pas à des tableaux Excel froids et des rapports trimestriels. La conviction et la persévérance sont des éléments clés. Il s'agit de comprendre que les périodes de ralentissement économique ne signifient pas qu'un redressement est impossible. Bien souvent, lorsqu'elles sont gérées avec prudence, elles précèdent le redressement.
Bien qu'Ancillo Canepa n'ait pas toujours été connu du grand public, ses contributions ont eu un impact discret mais significatif. Il a démontré qu'un leadership efficace dans le sport, à l'instar d'un leadership efficace en entreprise, exige un équilibre entre intelligence émotionnelle et rigueur financière. La capacité à faire des choix difficiles sans perdre de vue l'objectif global est rare et constitue ce qui distingue le succès stratégique d'une simple survie.
D'aucuns, optimistes, y voient le début d'une nouvelle ère pour le FC Zurich et l'héritage de Canepa. Le club se trouve actuellement dans une situation plus favorable qu'il ne l'a été depuis des années grâce à une fréquentation en hausse, à la reprise des rentrées d'argent et à un regain de confiance sur le terrain.
