Même aujourd'hui, l'image d'Angus Young traversant la scène à toute vitesse, sa Gibson SG pendante, les genoux fléchis et la cravate au vent, me procure encore une décharge d'énergie brute. Mais ce dont on se souvient, c'est bien plus que le volume sonore ou le spectacle. C'est sa taille. Angus est nettement plus petit que la plupart des figures emblématiques du rock, mesurant seulement 1.57 mètre. Pourtant, chose étonnante, cette taille n'a jamais été un handicap. Au contraire, elle est devenue une force, un atout visuel puissant qui accompagne parfaitement chacun de ses riffs.

Angus ne se contente pas de jouer de la guitare sur scène. Il se déplace avec une agilité surprenante d'un bout à l'autre de la scène, se lançant dans ses solos avec la fougue d'un boxeur en pleine effervescence. Ses mouvements, d'une clarté remarquable et d'une rapidité étonnante, sont dus à sa silhouette menue et agile. Angus attaque sa guitare avec une intensité cinétique qui donne à chaque performance un aspect totalement improvisé, même lorsqu'elle ne l'est pas. Un contraste saisissant avec d'autres guitaristes qui planent au-dessus de leurs instruments.
| Nom | Angus McKinnon Young |
|---|---|
| Date de naissance | 31 mars 1955 |
| Nationalité | Australien (né en Écosse) |
| Hauteur | 1.57 m (5 ft 2 in) |
| Style de signature | Tenue d'écolier, démarche de canard, solos énergiques |
| Le rôle principal | Guitariste principal et cofondateur d'AC/DC |
| Classement notable | N° 38 – Les 250 plus grands guitaristes de Rolling Stone (2023) |
| Intronisé au Temple de la renommée | Oui – Avec AC/DC en 2003 |
| Le conjoint | Ellen van Lochem (mariée depuis 1980) |
| Référence externe |
Il n'a jamais cherché à dissimuler sa taille, qui n'est d'ailleurs un secret pour personne. Depuis des années, elle fait partie intégrante de son image publique. Pourtant, curieusement, elle n'occupe jamais une place centrale dans le récit. Au contraire, elle met en valeur son jeu, créant un contraste saisissant entre sa stature et la puissance de sa voix. Associée à son allure d'écolier toujours juvénile, l'énergie qu'il déploie par ses gestes et ses mouvements semble décuplée. Chacun de ses mouvements paraît à la fois rusé et habile, rendant impossible de ne pas sourire.
Quand Angus a commencé la guitare vers l'âge de cinq ou six ans, sa famille était déjà très impliquée dans la musique. Né à Glasgow, il a grandi à Sydney. Son frère aîné, Malcolm, assurait le rythme et la structure solides du groupe. Malcolm allait d'ailleurs cofonder AC/DC. Angus, avec son comportement scénique imprévisible et ses solos incisifs, était la flamme qui dansait juste au-dessus. Leur dynamique était particulièrement avant-gardiste, tant par leur présence que par leur musique. Malcolm restait immobile, imperturbable et ancré. Angus, lui, bougeait comme s'il avait appris à jouer du blues.
Les performances d'Angus, tant par les fans que par la critique, ont toujours eu un impact considérable. En 2003, il a été intronisé au Rock & Roll Hall of Fame avec ses camarades. Kerrang! l'a qualifié de « Légende », et le magazine Australian Guitar l'a désigné comme le meilleur guitariste australien de tous les temps. Si ces distinctions reconnaissent son influence, elles ne rendent pas pleinement compte de l'émotion ressentie lors de ses concerts. L'électricité, c'est bien plus que de la technique. C'est une question d'intention : canaliser une énergie brute, la faire évoluer et la régénérer.
Loin des projecteurs, Angus mène une existence remarquablement paisible et stable, malgré son personnage extravagant sur scène. Marié à Ellen van Lochem depuis 1980, ils n'ont pas d'enfants et partagent leur temps entre les Pays-Bas, l'Australie et le Royaume-Uni. Fumeur régulier, il n'a jamais touché à l'alcool. Ce qui le rend d'autant plus fascinant, c'est qu'il ne correspond jamais aux clichés du rock. Angus semble réserver toute sa folie à sa musique, à l'instar de certains grands noms du jazz qui, sobres, utilisent leurs instruments pour exprimer le chaos.
C'est sa sœur, Margaret, qui a d'abord proposé le costume d'écolier comme un simple gadget. Mais il est finalement devenu une sorte d'armure qui lui était propre et visuellement mémorable. Il a renforcé la théâtralité des performances d'AC/DC sans jamais tomber dans la caricature, surtout compte tenu de sa carrure. C'était, et c'est encore, une approche très créative pour se forger une identité, et son impact est toujours aussi fort en 2026 que dans les années 1970.
Au fil des ans, Angus a évoqué diverses influences. Bien sûr, Chuck Berry est une influence majeure, tant sur le plan physique que musical. Son sens du spectacle est à l'origine du « duckwalk », de son interaction avec le public et de son sens du rythme. Cependant, Angus a combiné cette inspiration avec la brutalité de groupes comme The Kinks et The Who, ainsi qu'avec l'énergie brute de musiciens de blues tels que Freddie King et Muddy Waters. Le résultat est un son d'une adaptabilité extraordinaire, d'une efficacité redoutable et d'une simplicité trompeuse.
Au sens strict, il n'est pas un virtuose. Il ne s'aventure pas dans des gammes ou des arpèges virtuoses. Mais ce que vous entendrez, c'est une intention profonde. Chaque solo, chaque accord, chaque nuance est exécuté avec intention. Son jeu est impeccable. Il est direct, précis et surtout puissant. C'est une leçon importante pour les musiciens en herbe : la complexité n'est pas nécessaire pour captiver. Il faut être dévoué. Il faut être clair.
Récemment, en regardant d'anciens morceaux d'AC/DC, j'ai réalisé quelque chose que je n'avais pas remarqué auparavant. Angus a souvent le regard absent, comme absorbé par ses pensées lorsqu'il joue. Il semble se concentrer sur la forme précise de la note dans son esprit plutôt que sur celle qu'il joue. Son énergie physique paraît être le prolongement de quelque chose de plus abstrait, comme le son qui s'échappe d'un ressort tendu, grâce à cette concentration et à cette flamme intérieure.
Au cours de la longue carrière d'AC/DC, le groupe a connu des changements de formation, des pertes personnelles et même des problèmes de santé. Mais Angus, lui, était toujours là. Seul membre permanent, il incarne l'esprit d'AC/DC autant que son son. Et cet esprit, considérablement enrichi par des décennies de tournées et d'amélioration, reste d'actualité sur tous les continents.
Bien après leur plus grand succès commercial, AC/DC continue de remplir les salles de concert. L'héritage y est pour beaucoup. La nostalgie aussi. Mais Angus lui-même y contribue largement. Ses performances restent incroyablement efficaces : pas de distractions ni de fioritures, juste de l'énergie pure, distillée avec un jeu de jambes et une grimace caractéristiques.
